Chapitre 25 : Le retour de la mamie.

20 03 2007

Le soir, alors qu’il pénétrait paisiblement dans sa chambre, il vint à l’idée d’une planche de se placer délicatement sous la patte avant du GMS. Cela eut pour conséquence de le faire trébucher, ce qui eut pour conséquence de le faire tomber par terre, ce qui eut pour conséquence de faire en sorte que d’un coup, son sac à objets magiques se renverse sur le sol, il se rendit alors compte, alors qu’il contemplait les objets étalés au sol, qu’il n’y en avait que six, or on lui avait dit qu’il devait en trouver sept virgule cinq, et on lui avait aussi dit que le demi artefact qu’il cherchait actuellement était le dernier. Après un rapide calcul, il remarqua que la somme des artefacts et du demi artefact ne faisait que six virgule cinq.

Il comprit aussitôt qu’on s’était bien foutu de sa gueule et que bientôt on lui demanderait d’aller chercher un dernier artefact après avoir trouvé le prétendu dernier. Mais il n’était pas dupe (il était Martin), il ne se laisserait pas faire. Il gagna alors les cuisines de la Taverne et se mit à préparer une omelette.

Cette fois-ci, ce n’est pas une apparition en maillot de bain qui fit irruption dans la pièce, mais un bouc tout de gomme vêtu. Quelques explications s’imposèrent :

-Enchanté, je suis Bouc Rosboutrosghali, je suis l’émissaire de l’apparition.
-Et que me voulez-vous monsieur le bouc émissaire ?
-Je vous apporte un bouquet de la part de mon maître, il y a joint une carte, seul ce dernier sait ce qu’il y est écrit (note pour le lecteur imbécile : étant donné que c’est lui qui a écrit la carte).
-Mais que contient donc ce bouquet mystère ? S’interrogea le mouton.
-Ah Ah ! Mystère et bouc de gomme.
-Mais si, avouez ! Vous savez ce qu’il contient ! Dites-le moi je veux savoir !
-Mais non je vous assure je n’en ai pas la moindre idée.
-Ah mais ce bouc a nié ! Et en plus il est moche.
-Eh oui je suis le bouc moche.
-Hein ?!?
-Euh le bouc laid.
-Ah oui, vous êtes bouclé. J’espère ne plus jamais revoir un être tel que vous.
-Sachez que nous sommes des centaines et je ne suis que le bouc un.
-Ah, misère de bouc !
-Je dirais même plus, bouc et misère.
-Mais d’où peut bien provenir une aussi répugnante créature ?
-Je viens d’une étrange planète, en fait celle-ci n’est composée que d’une demi sphère, on l’appelle la bouc hémisphère.
-Bon et bien merci bouc ou…

Agacé, le bouc s’en alla aussi vite qu’il était arrivé laissant le GMS à sa lecture :

« Cher mouton,

« Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ? » (Zola)

En effet si vous ne récupérez pas le dernier artefact, vous qui êtes parvenu jusqu’ici bravant mille dangers, un immense déshonneur s’abattra sur vous.

Je me dois de vous prévenir que ce dernier est bien plus difficile à récupérer que les autres avant lui. Il se trouve dans la forêt de Broche-et-Viande.

Veuillez agréer monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. »

Enfin, on lui avouait l’existence de ce septième artefact. Mais c’est bien joli tout ça, il était déjà sur la piste d’une chaussette… Il décida d’aller se coucher, la journée avait été déjà bien assez rude comme ça. Demain , il réfléchirait à cette chaussette et à cet ultime artefact.

Alors qu’il dormait d’un sommeil de zinc, une odeur pestilentielle, agréable et vinaigrée vint irriter ses cavités nasales ainsi que ses zones pharyngiennes (déjà fortement engraissées par un dépôt de matière adipeuses). Quel était donc cet étrange remugle ?

L’émanation puante le sortit de son lit et il se dirigea en direction d’une petite bâtisse entièrement construite de briques et de feuilles de choux, le tout dans un état de profond somnambulisme.

Toujours somnolant, le mouton entra dans la maison où dormait, lui aussi, José Paledire. Sur la table de chevet du petit être ronflant, se trouvait une demi paire de chaussettes tomenteuses. Alors qu’il s’approchait de ladite chausse en laine de zébu des Monts Tipython, une voix retentit dans l’obscurité de la pièce, venant rompre le lourd silence qui y régnait :

-Pour pouvoir vous emparer de cette chaussette, il vous faudra prononcer trois fois la phrase suivante : les ssaussettes de l’arssi dusseche. Hum… les socquettes de l’archiduc sec. Non, les rillettes de l’ami du chef. Ah horreur, enfer et dalmatiens, j’aurai dû écouter ma mère et devenir caissier chez Rumène.

Laissant la voix geindre sur sa triste destiné, le GMS s’empara de la chaussette et regagna sa chambre le sourire aux lèvres.